Discours inaugural pour le chemin de croix

Discours prononcé par Caroline BIENCOURT pour l'inauguration du chemin de croix de l'église de Wallers

Merci à M. l’Abbé Christophe Decherf, d’avoir porter ce projet,

À Mme Judith Debruyn, d’avoir respecté le difficile cahier des charges imposées par la paroisse et la CDAS ,

Merci aussi à la société Paraservice pour la contribution à la réalisation,

et surtout un merci aux membres de la communauté paroissiale avec qui j’ai eu le plaisir de travailler à plusieurs reprises déjà pour l’aménagement du chœur.

Création :

La CDAS a été contactée une nouvelle fois pour le projet d’érection d’un chemin de croix. J’aime à dire que nous sommes des facilitateurs, même si le premier contact (c’est à chaque fois la même chose) a pu froisser ou faire remonter quelques réticences, la communauté a fait confiance à la CDAS et à l’artiste.

Il est difficile de faire confiance mais finalement le résultat est là !

Vous avez fait un bout de chemin ensemble.

Nous savons par ce moment que nous sommes en train de voir que cette expérience est réussie.

On m’a confiée aujourd’hui la tâche du professeur d’histoire et de vous raconter l’histoire des chemins de croix.

Alors allons-y et remontons le temps ensemble !

Les chemins de croix sont une dévotion privée et non pas une nécessité liturgique. Littéralement il s’agit de la Via Crucis, le chemin douloureux.

Comme pour la Crèche de Noël, c’est à saint François d’Assise que l’on doit le chemin de croix, la première reconstitution vivante de la passion du Christ. Saint François d’Assise pleurait souvent en pensant aux plaies du Christ « signe de l’amour débordant du Fils de Dieu pour chacun ». En 1223, c’est à lui que l’ont doit la première reconstitution, sous forme de méditations, du chemin de croix.

Saint François d’Assise souhaitait que ses frères, toujours sur les traces du Christ, pauvre et humble, conservent et vivent cette attitude en mémoire et en « actes ». Gardiens des lieux saints depuis 1220, les franciscains dirigeaient à Jérusalem les exercices spirituels des pèlerins sur la Via Dolorosa.

Ils faisaient le parcours du Christ avec les chrétiens venus d’occident. Ils allaient du tribunal de Pilate au bas de la ville jusqu’au Golgotha, le calvaire à son sommet. Les franciscains eurent l’idée de transposer cette forme de méditation pour les plus pauvres qui n’avaient pas les moyens de se rendre en pèlerinage en Terre sainte. La Terre sainte venait ainsi aux chrétiens d’occident.

Pour se faire, les franciscains disposaient en plein air ou dans les églises des séries d’évocation des scènes marquantes du dernier itinéraire du Christ.

C’est sous le pontificat de Clément XII en 1731 que la permission fut donnée de créer des chemins de croix dans d’autres églises que celles des franciscains.

Devant l’engouement des chrétiens pour cette dévotion vécue le Vendredi Saint et par le nombre croissant d’indulgences liées et délivrées par cette pratique, Benoit XIV dut limiter, en 1741, l’extension à un seul Chemin de croix par paroisse.

Saint Léonard de Port-Maurice fut l’un des plus grands propagateurs de la Via Crucis lors de ses quelques 300 missions à Rome, en Corse et en Italie du Nord.

En France, la dévotion du Chemin de croix est introduite par l’intermédiaire des prêtres immigrés en Italie, à leur retour dans le pays, au lendemain de la Révolution française.

Composé de 14 stations, une station supplémentaire fut rajoutée pour la première fois en 1958 à Lourdes pour le centenaire des apparitions de la Vierge. Cette 15ème station représente un tombeau laissé vide invitant le pèlerin à espérer avec Marie la résurrection de son Fils. Cette station donne à vivre l’espoir de la Résurrection.

Le Chemin de croix érigé à Wallers est donc composé de 15 stations.

Le choix de la matière, le verre, par sa transparence vous donnera sans doute la possibilité de voir l’invisible et vous invitera à voir plus loin que le visible. Sant doute vivrait vous cette espérance.

Vous aurez compris que cette pratique du Chemin de croix n’est pas obligatoire dans les églises. Et partout elle est devenue par les pratiquants un support catéchétique nécessaire, un rappel pour les chrétiens que nous sommes qui nous invite à partager le dernier chemin vécu par le Christ.

Il est aussi un point de repère visuel pour les enfants et pour nous tous à l’intérieur de nos édifices.

La CDAS et moi-même sommes heureux de partager avec vous l’érection de ce Chemin de croix dans votre église de Wallers. Cet évènement est un écho qui rentre en résonnance avec votre histoire et fait ce que j’ai eu le bonheur de vivre avec vous depuis 10 ans.

Ce moment est un peu le prolongement de votre 15ème station. La promesse d’une espérance de vivre un jour la Résurrection, en communion avec Dieu le Père, son fils et la Vierge Marie, tous les saints et tous vos proches qui vous attendent.

Merci à vous tous de nous permettre aujourd’hui de penser à cette formidable promesse.

Article publié par Service communication • Publié le Vendredi 02 août 2019 - 10h20 • 430 visites

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