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Fénelon, archevêque de Cambrai

Dans le cadre de la promotion du patrimoine diocésain, deux étudiantes de la formation "Actions culturelles et promotion du patrimoine" à Cambrai se sont penchées sur Fénelon, archevêque de Cambrai de 1685 à 1715 : L'année 2015 célèbrera le tricentenaire

        

 I - Enfance et débuts

 

Fénelon naît le 6 août 1651 au château familial, dans le Périgord. Il est le treizième enfant de la famille de Salignac de la Motte Fénelon

Gravure de Fenelon d\'apres Vivien par W. HOLL Gravure de Fenelon d\'apres Vivien par W. HOLL  

            A 12 ans, il est envoyé chez son oncle alors évêque de Sarlat, afin de parfaire son éducation. Il poursuit ensuite ses études à Paris, au collège du Plessis, où il reçoit ses premières leçons de théologie. A l’âge de 19 ans, il entre au séminaire de Saint-Sulpice où il fait vœu de silence. Il est ordonné prêtre dans cette même paroisse parisienne en 1677.

 

Avec ses qualités de pédagogue appréciées, ainsi que les cantiques qu’il compose, François de Salignac est nommé supérieur des “nouvelles catholiques” par l’archevêque de Paris, Monseigneur de Harlay.  

 

            Louis XIV le remarque et le place à la tête de la mission de conversion des protestants de Saintonge et d’Aunis, à la suite de la révocation de l’Édit de Nantes en octobre 1685.

 

 

II - Un pédagogue

 

Fénelon devient, à son retour à Paris, le précepteur des enfants du Duc et de la Duchesse de Beauvilliers. Il constate des lacunes dans les méthodes d’éducation et publie en 1687 Traité de l’éducation des filles. Le succès est immédiat.

Louis XIV lui demande alors de devenir le précepteur de son petit-fils, le Duc de Bourgogne. Fénelon lui écrit spécialement un ouvrage, Traité pour l’éducation d’un prince qui est un recueil de fables aux vertus éducatives, mais encore le  Dialogue avec les morts, et Les aventures de Télémaque. Ce dernier ouvrage est un outil d’apprentissage des vertus telles que le courage et la sagesse, grâce à un parallèle entre Télémaque, le fils d’Ulysse, roi d’Ithaque, et le duc de Bourgogne, petit-fils du roi de France. Toutefois, l’ouvrage n’est publié qu’en 1699.

 

Dans ses écrits pédagogiques, il expose aussi sa pensée politique, notamment dans Les aventures de Télémaque : il décrit sa conception d’un bon gouvernement ainsi que les devoirs et les responsabilités du Roi. Il critique certaines actions de Louis XIV, notamment son goût pour la guerre et l’absolutisme qui caractérise son règne, ce qui ne l’empêche pas de lui rester fidèle.

 

En 1690 et 1693, Fénelon devient précepteur des ducs d’Anjou et de Berry, petits-fils du Roi.

 

 

III- La critique du pouvoir Royal et sa nomination à Cambrai

 

Après plusieurs hivers difficiles et particulièrement celui de 1694, la France est touchée par des famines et des épidémies. Face à la misère qui touche les populations du Royaume, Fénelon écrit une lettre au Roi intitulée Remontrances à ce Prince sur divers points de son administration, dans laquelle il lui recommande de porter plus d’attention à ses sujets alors que celui-ci mène une guerre de conquêtes.

 

Cependant, contre toute attente, Louis XIV nomme Fénelon Archevêque du diocèse de Cambrai, qu’il a fait rentrer dans le domaine royal par le Traité de Nimègues en 1678. Fénelon arrive et s'installe dans le Palais Archiépiscopal de Cambrai le 10 août 1695. Une de ses premières décisions est de rapatrier le séminaire de Valenciennes à Cambrai où il compte enseigner.

 

IV - Sa prise de position en faveur du Quiétisme et la querelle avec Bossuet

 

 

À la Cour, Fénelon avait rencontré Madame Guyon dont il partageait les idées.  Cette femme était partisane du quiétisme et était l'une des personnes qui l'avait diffusée dans le Royaume de France par le biais de traités spirituels. Le quiétisme est une doctrine mystique répandue au XVIIe et XVIIIe siècle qui affirme la présence continuelle de Dieu à l'âme. Cependant, Rome condamne la doctrine comme hérétique en 1687.

Même en étant éloigné, Fénelon soutient Madame Guyon. Cette dernière est emprisonnée en janvier 1696 au château de Vincennes, sur décision de la commission qui s’est réunie à Issy pour juger le contenu de la doctrine quiétiste.

 

 En janvier 1697, l’archevêque de Cambrai publie les Maximes des Saints qui provoquent un véritable scandale. Avec cet ouvrage, Fénelon prend parti pour les quiétistes, ce qui lui vaut d’être consigné par le Roi au sein de son diocèse. Il perd son statut de précepteur des enfants royaux et de confident de Madame de Maintenon. Un combat violent s’engage, par missives interposées, entre Fénelon et Bossuet. Les deux hommes envoient des représentants auprès du Pape, le premier afin de plaider sa cause, le second afin de contrecarrer les plans de l’archevêque. Le 12 mars 1699, le Pape Innocent XII condamne définitivement les Maximes des Saints.

 

V - La disgrâce et la condamnation du Télémaque

 

Fénelon tombe en disgrâce auprès du Roi et du corps épiscopal qui décident de se débarrasser du manuscrit des Aventures de Télémaque, jusque-là inédit. Le manuscrit tombe entre les mains d’un valet qui le fait publier en avril 1699. Reconnaissant alors une critique acerbe de son pouvoir, Louis XIV essaye à plusieurs reprises de faire interdire l’ouvrage.

 

VI- Son action charitable

 

En 1709, après la bataille de Malplaquet qui opposât les forces hollandaises et autrichiennes contre laReproduction manuscrite d\'un sermon de Fenelon Reproduction manuscrite d\'un sermon de Fenelon   France au sud de Mons (Belgique), l’archevêque accueille de nombreux blessés et réfugiés dans le palais épiscopal, dans les églises et les couvents du diocèse.

 

Après le décès du Grand Dauphin en 1711, le Duc de Bourgogne devient alors l’héritier direct de la couronne de France. Depuis son archevêché, Fénelon écrit à son ancien élève pour le conseiller sur la direction du Royaume. Mais en 1713, le duc de Bourgogne et son épouse meurent tous deux d’une rougeole. Les derniers liens de Fénelon  avec la cour sont désormais rompus. Avec eux disparaissent ses espoirs de voir un jour la France gouvernée selon sa pensée politique.

Jusqu’à sa mort, le 7 janvier 1715, il ne se consacre plus qu’à son diocèse.

 

VII - Fénelon aujourd'hui

 

De nombreuses études se sont attachées à l'homme, à sa pensée, à ses écrits...

 

La ville de Cambrai et sa périphérie possèdent encore quelques traces de son passage :

- son monument funéraire conçu par David d'Angers dans la cathédrale,

- les restes du portail épiscopal (place Fénelon),

- son ancien palais au Cateau-Cambrésis qui abrite aujourd'hui le Musée Matisse.

 

Les établissements, les rues et les places qui portent son nom prouvent l'importance que garde Fénelon dans le Cambrésis ; même s'il devient assez méconnu des populations.

           

 

L'archevêché possède un riche fonds ancien dédié à Fénelon, où l'on peut trouver ses écrits, des lettres, de l'iconographie, des documents sur les manifestations commémoratives et de nombreuses études. [Liens de l'inventaire à venir]

 

 

Il existe une association appelée "Recherche Fénelon" qui veille à conserver les souvenirs et qui contribue à la recherche scientifique [http://www.recherche-fenelon.com/]

 

 

Article publié par CAROLINE BIENCOURT • Publié Vendredi 30 mai 2014 • 2017 visites

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